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Georg Graf

La notice que nous offrons ci-dessous est composée à partir de l'article du R. P. Samir Khalil SAMIR, SJ : " Georg Graf (1875-1955), sa bibliographie et son rôle dans le renouveau des études arabes chrétiennes ", Oriens Christianus 84 (2000), pp. 77-100.

Rappel bio-bibliographique

Georg Graf naquit le 15 mars 1875 à Munzingen (Schwaben) dans le diocèse d'Augsburg. Il entra au séminaire de Dillingen, où il apprit le grec, le latin et l'hébreu, et y ajouta privément le syriaque et l'arabe. En 1902-1903, il acheva ses études à Munich, ap-prenant l'égyptien, le copte et le grec moderne (et plus tard le géorgien). En juin 1903, il passa son doctorat en philosophie avec une étude sur la littérature arabe chrétienne jusqu'à la fin du XIe siècle, qui sera imprimée en 1905.

Son contact avec cette littérature lui vint de la revue al-Machriq, fondée par le P. Louis Cheikho en 1898. Il garda toute sa vie une grande reconnaissance pour ce pionnier, qui lui publia deux articles dans la revue al-Machriq . Après la mort de Cheikho (1927), Graf prendra la relève et complétera magistralement l'oeuvre de son prédécesseur. Sa dette en-vers Cheikho est indiquée dans les premières phrases de la préface de sa Geschichte : " Der Verfasser dieses Werkes verdankt die erste Anregung zur Besch?ftigung mit der christlichen arabischen Literatur den Publikationen der Université St-Joseph in Bairut, und vor allem der im Jahre 1898 ins Leben getretenen Zeitschrift "al-Mashriq", die er für sein, schon w?hrend der Gymnasialzeit begonnenes Selbststudium der arabischen Sprache be-nützte. Zun?chst auf diesem Wege bekam ich Kenntnis von einem Schrifttum, das bis dahin kaum einer Beachtung gewürdigt wurde. Mit der Zeit kam auch die Lust, diese terra incogni-ta weiteren Kreisen zu erschliessen ".

De septembre 1910 à mai 1911, il résida à Jérusalem, où il dressa le catalogue des manuscrits chrétiens de divers couvents ; puis il passa deux mois à Beyrouth, auprès du P. Cheikho . Le 23 juin 1918 il obtint son doctorat en théologie de l'Université de Freiburg im Breisgau, avec une thèse sur Marqus Ibn al-Qunbar ("Ein Reformversuch...") qu'il publia en 1923 .

Graf a publié environ 270 livres, articles ou compte-rendus sur l'Orient chrétien. Il a défriché pratiquement tous les secteurs et toutes les communautés chrétiennes: melkites, maronites, coptes, jacobites et nestoriens. Il a édité et traduit de nombreux textes arabes inédits, dressé plusieurs catalogues de mss (Jérusalem , Le Caire , le Vatican , Munich ), rédigé un ouvrage sur la langue arabe des chrétiens et un autre sur le vocabulaire arabe chrétien largement utilisé par Hans Wehr, et fait des centaines de découvertes qu'il consi-gna dans son oeuvre majeure: la Geschichte der christlichen arabischen Literatur (= GCAL) .

L'oeuvre majeure: La GCAL

Cette oeuvre (Geschichte der christlichen arabischen Literatur) est un monument d'érudition, fruit d'une quarantaine d'années de travail assidu. L'auteur a voulu compléter la Geschichte der arabischen Literatur de Carl Brockelmann parue en 1908-1912, qui avait vo-lontairement exclu la littérature arabe chrétienne . Il a suivi la méthode de son prédéces-seur, en l'améliorant considérablement.
Les 5 volumes couvrent près de 2400 pages (exactement 2384). Ils se divisent en trois grandes parties: les traductions anonymes (bibliques, apocryphes, patristiques, hagiogra-phiques, canoniques et liturgiques); les oeuvres jusque vers 1450 (melkites, maronites, nes-toriennes, jacobites et coptes); et celles composées entre 1450 et 1900 environ (idem, avec en plus: les missionnaires et la Nahdah). Des introductions synthétiques et précises situent ces oeuvres dans le contexte socio-culturel et religieux.

Comme l'indique le titre de l'ouvrage, Graf a cherché à inventorier la production litté-raire arabe chrétienne et non pas la production arabe des chrétiens. En d'autres termes, tout ce qui n'est pas de contenu chrétien n'entre pas dans sa visée. Ainsi, les oeuvres de médecine, de mathématiques ou de sciences, de philosophie ou d'histoire, comme aussi les très nombreuses traductions d'ouvrages philosophiques, médicaux ou scientifiques, ne sont pas inventoriés par lui.

La méthode adoptée par Graf est exemplaire. On trouve, pour chaque auteur:
a. Un aperçu rapide de sa vie
b. Une bibliographie générale détaillée et exhaustive
c. L'analyse de chaque oeuvre, autant que possible.
Cette analyse de l'oeuvre comprend d'ordinaire aussi trois éléments:
a. Une introduction, présentant l'oeuvre et son contenu, et en indiquant le titre arabe (pas toujours) traduit en allemand.
b. Une bibliographie complète sur cette oeuvre, comprenant en particulier les éditions, traductions et études.
c. L'inventaire des manuscrits connus, avec mention de la date et des folios. L'ordre de succession des manuscrits n'est pas bien clair.

Le tome 5 est constitué d'un index extrêmement pratique, divisé en deux parties:
a. Noms propres et matières (p. 1-171)
b. Titres arabes, assez incomplet (p. 173-196).
Un second volume d'index aurait du fourni l'inventaire de tous les manuscrits mention-nés. Probablement n'eut-il pas le temps de le composer. Je m'en suis occupé et il paraîtra bientôt, j'espère, dans le Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium.

Traduction et mise à jour de la GCAL de GRAF

Cette oeuvre monumentale est pratiquement inconnue des chercheurs arabes et en général rarement utilisée. C'est pourquoi il faudrait la rendre accessible au chercheur de langue arabe, en la traduisant. Ici se présentent deux difficultés:

La première difficulté vient de ce que l'ouvrage, ayant été écrit il y a un-demi siè-cle, a nécessairement besoin d'une mise à jour.
Or, grâce précisément à l'ouvrage de Graf, des centaines de publications (éditions, traductions et études) ont vu le jour durant ce demi-siècle, notamment dans les langues oc-cidentales; de plus, elles sont difficiles à repérer et à acquérir, vu leur dispersion. Par ail-leurs, des centaines de catalogues de manuscrits arabes sont parus durant cette période, qui doivent être systématiquement inventoriés et classés. Ils nous font connaître des oeu-vres nouvelles tenues pour perdues, ou des manuscrits nouveaux d'oeuvres connues.

La deuxième difficulté est d'un autre ordre: Graf a volontairement laissé de côté la littérature profane des chrétiens, pour de justes motifs.
Mais l'on sait que la pensée médiévale est globale, et que la science n'était pas com-partimentée, comme c'est le cas de nos jours. Comment donc présenter l'oeuvre "chré-tienne" d'un Hunayn Ibn Ishâq, ou d'un Qustâ Ibn Lûqâ, ou d'un Yahya Ibn 'Adi, ou d'un 'Ab-dallah Ibn al-Tayyib ou d'un Elie de Nisibe, etc., sans examiner et présenter l'ensemble de son oeuvre, y compris celle médicale, scientifique ou philosophique?
Il faut donc nécessairement, quand on étudie un de ces auteurs arabes chrétiens, l'étudier dans sa totalité. Non parce qu'il existe une médecine ou une mathématique arabe "chrétienne", mais parce que tel penseur et même telle oeuvre théologique ne se comprend vraiment qu'en ayant recours aux autres oeuvres de cet auteur, celles que nous appelons "profanes". Peut-on étudier sérieusement un auteur de la Nahdah abbasside (ou celle du XIX° siècle) sans examiner toute sa pensée?

Cette perspective entraîne de profondes modifications et suppose des recherches très diversifiées, notamment dans les revues orientalistes. A titre d'exemple, les deux pages de Graf concernant Qustâ Ibn Lûqâ sont devenues (dans l'étape actuelle de rédaction) plus de 100 pages, surtout à cause des contributions dans l'histoire de la médecine gréco-arabe ! Sur un autre plan, les onze pages de Graf consacrées à saint Ephrem sont devenues plus de 400 pages.

Pour réaliser une telle remise à jour, il faudrait une équipe académique, soutenue par l'Université .

C'est grâce au Liban, à ce pionnier que fut le P. Louis Cheikho et à sa revue al-Machriq, que Georg Graf a découvert la littérature arabe chrétienne et s'y est consacré corps et âme. Il lui a donné le caractère scientifique et systématique que l'on connaît, con-formément au génie allemand.

 

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